Highlander UAE : 37 km sur les sommets de Ras Al Khaimah



Trek de trois jours organisé dans les montagnes entourant le Jebel Jais, plus haut sommet des Emirats arabes unis, le Highlander Pegasus a proposé un tracé somptueux dans ce massif qui plonge dans les eaux du Détroit d’Ormuz. Reportage sur ces 37 km et 2200 m de D+.

Si on ne présente plus désormais les villes des Emirats arabes unis comme Dubaï ou Abou Dabi, ce pays de la péninsule arabique est moins connu pour ses paysages naturels. Pourtant, les sept émirats qui le composent sont loin d’être un simple désert sur lequel d’innombrables constructions et nouvelles villes ont vu le jour ces dernières années. À l’Est du pays, Ras Al Khaimah est un émirat constitué en majorité de montagnes avec le massif d’Al Hajar (« La pierre » en français). Ces sommets se poursuivent sur la frontière avec le Sultanat d’Oman et offrent un immense terrain de jeu pour les amoureux du dénivelé, des sentiers éloignés de tout et des longues aventures. En la matière, l’événement Highlander propose depuis cinq ans un trek organisé sur une, deux ou trois journées (au choix) sur les sentiers de cet émirat. De notre côté, c’est sur la plus longue distance que l’on a choisi de s’aligner à l’occasion de l’édition 2026 de l’événement.

Au programme donc, un trek en autonomie quasi complète où il est nécessaire d’emporter dans son sac à dos un duvet, un matelas et une tente pour pouvoir dormir dans deux camps différents. La nourriture et l’eau sont apportées par les organisateurs sur les camps alors que les repas du midi sont également fournis. Mais il est nécessaire de les emmener avec soi sur les sentiers pour une pause-déjeuner salvatrice. Pour un prix tournant autour de 200 euros pour les trois jours de trek, le tarif reste raisonnable pour pouvoir randonner dans ces montagnes qui culminent à près de 2000 mètres d’altitude. C’est d’ailleurs autour du point le plus haut des Emirats arabes unis que les 37 km de sentiers défilent sous nos pas. Le Jebel Jais atteint 1 934 mètres d’altitude. Très arides, les lieux dévoilaient pourtant quelques taches de vert étonnantes lors de notre passage début février. En cause : une pluie intense tombée le mois dernier, phénomène rare dans la région où il ne pleut que quelques fois par an environ. Et pourtant, le phénomène finira aussi par nous surprendre… (on y reviendra).

 
 
 
 
 
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Alors qu’une route en forme de col permet de rejoindre le point de départ de ce Highlander Pegasus, l’environnement saute directement aux yeux pour les touristes qui viennent de la cote, désertique et plate. Ici, c’est un mini Colorado qui s’ouvre sous nos yeux. Les falaises sont vertigineuses et le regard invite toujours à regarder plus haut alors que le sentier débute dans des canyons profonds à l’abri du soleil. La chaîne de montagnes Al Hajar s’étend de Ras Al Khaimah (la ville qui porte le même nom que l’émirat) jusqu’à la Péninsule de Musandam, au nord du Sultanat d’Oman. Créé il y a 70 millions d’années, le massif mesure 700 km sur 100 km de largeur. La roche sédimentaire y est ultra abrasive et magnifique avec ses couches en mille-feuilles qui virent du gris au rouge. En février, la température est idéale pour randonner, oscillant autour de 20 degrés, même si le soleil continue de taper fort quand on sort des canyons et qu’on est totalement exposés sur les crêtes. Globalement, la montagne permet de rafraîchir la température de 10 °C en moyenne par rapport à d’autres sites touristiques du pays, situés dans le désert et sur la côte. Une « douceur » hivernale bienvenue quand on sait que les Emirats arabes unis tournent autour de 43 à 45 °C en moyenne l’été…

Sur la première journée, c’est un gros morceau du dénivelé positif total du trek qui est au menu. Environ 1500 m de D+ que chacun attaque à son rythme. Les événements Highlander (il en existe dans 18 pays différents dont la France à Chamonix) ne sont pas une compétition chronométrée. Aucun départ en commun n’est donné. Libre à chacun d’attaquer les sentiers une fois le dossard et les quelques goodies récupérés. Ici, on ne parle pas de place gagnée, de vitesse, de rythme ou de fréquence cardiaque… On fait plutôt connaissance avec le voisin, on marche en groupe, on s’entraide et on se challenge personnellement sous les encouragements très nourris de l’équipe d’organisation. Si la distance et le dénivelé global de l’événement restent raisonnables pour un coureur ou marcheur régulier, il l’est moins pour une majorité des participants rencontrés sur place. Une trentaine de nationalités sont présentes et de nombreuses personnes n’ont jamais réalisé de telles distances. Des locaux sont aussi de la partie et plusieurs découvrent les montagnes de leur propre pays. Car si les Emirats arabes unis ont largement investi dans le sport professionnel (via notamment du sponsoring auprès de clubs prestigieux comme le Real Madrid ou par son équipe cycliste UAE Team Emirates emmenée par Tadej Pogacar), la culture du sport au niveau local pour les Emiratis est moins solidement ancrée mais tend à se développer. Un événement comme cet Highlander UAE permet ainsi de mettre le pied à l’étrier à une population locale moins habituée à la pratique sportive. Dans les rues de Dubaï et de Ras Al Khaimah, ce sont en effet souvent des expatriés occidentaux que l’on voit courir ou rouler. Pour une sortie running, impossible d’aller sur les routes où les trottoires sont rares. On privilégie plutôt ces longues bandes rouges étonnement souples comme du tartan et spécialement conçues pour la course à pied, que l’on retrouvent parfois le long des routes qui longent la côte, les baies artificielles et les quartiers résidentiels.

Côté randonnée, le terrain de jeu est beaucoup plus large pour s’amuser dans les massifs du pays. Après avoir longé un sentier à flanc de montagne sur près de 10 km, on arrive sur le camp 1, situé au sommet d’un joli col routier tout proche de la frontière omanaise. La vue est sublime sur les montagnes environnantes. Ici, on domine les plantations de palmiers dattiers, les oueds, les anciens villages de pêcheurs et le Golfe Arabique. On monte la tente et on observe le va-et-vient des curieux venus admirer la vue en voiture. Des cyclistes sont également de la partie sur ce col au revêtement parfait. « Mais mieux vaut partir tôt le matin pour en profiter au calme » explique un homme tout juste descendu de son vélo. « Car l’après-midi, le col devient plus dangereux avec des conducteurs qui n’ont pas encore l’habitude de partager la route avec des cyclistes. Et en prime, la chaleur peut compliquer les choses, surtout en été où faire du sport en journée est un vrai challenge ».

Ce jour-là, le challenge est surtout d’arriver au camp 1 pour certains randonneurs qui réalisent alors la plus grosse journée de leur vie sur des sentiers. À l’arrivée, on recharge les batteries avec le regag (pain arabe très fin cuit avec des genres de crêpières), le chebab (petite galette traditionnelle émiratie) et de bonnes rations de poulet, riz et légumes locaux coupés finement. Le lendemain, le réveil est matinal vers 6h. Le temps de ranger la tente, d’écarter les chèvres des montagnes trop curieuses venues renifler notre petit déjeuner et on attaque la deuxième journée dont la trace est plus longue (16 km contre 12 la veille), mais le dénivelé nettement plus clément (600 m D+). Sur les premiers kilomètres, on longe le col routier, puis on finit par le perdre et se retrouver à marcher le long d’une crête magnifique. D’un côté, la côte du Golfe Persique située à moins de 5 km à vol d’oiseau. De l’autre, le massif d’Al Hajar et ses montagnes arides qui semblent ne jamais finir à l’horizon. Le sentier est technique et rempli d’innombrables pierres, ravinées ici par les pluies de l’hiver.

Comme la veille, on tamponne un passeport donné par l’organisation à un checkpoint situé 6 km après le départ. Arriver trop tard à ce passage et c’est la fin de l’aventure, le participant étant exfiltré par un sentier qui ramène directement sur la route du col en contrebas. Mais les barrières horaires restent très larges et même en prenant son temps et en multipliant les pauses, le checkpoint est validé par la plupart des participants. Après trois heures de marche dont quelques kilomètres à tenter de courir avec le sac de 8 kg sur le dos en descente (notre dos s’en souviendra cette nuit-là…), on arrive au camp 2 vers midi. Un peu tôt pour les organisateurs qui ne sont toujours pas sur place, l’endroit étant totalement isolé et inaccessible même en 4×4. La soif se fait ressentir et on finit par pouvoir se désaltérer avec les jerricanes d’eau restés sur place toute l’année et amenés là par hélicoptère. Le reste est acheminé par des sherpas engagés par Highlander. Tout l’après-midi, les participants arrivent au compte-goutte. Chacun s’installe là où il le souhaite et le camp s’étale progressivement dans cette jolie vallée où le sol est par endroit étonnement meuble. Parfait pour y enfoncer les sardines et bien clouer au sol la tente. Et alors qu’on avale notre repas lyophilisé (les sachets ayant été distribués le matin même au camp 1), la nuit tombe progressivement sur les montagnes émiraties et on distingue les frontales des participants. Jusqu’à 21h30, les derniers marcheurs parviendront à rejoindre ce camp 2, après 13 heures d’efforts. Chacun est accueilli sous les encouragements, les youyous (les fameux cris de joie aigus et modulés typiques de la région) et les applaudissements.

Pour ceux qui espéraient récupérer cette nuit-là, la surprise est de taille vers 3h du matin. En premier lieu, un vent fort qui soulève les tentes mal fixées puis quelques gouttes que l’on entend tomber sur la toile avant l’orage qui éclate et cueille tout le monde à froid. La veille autour du feu, personne n’a évoqué cette possibilité de voir le temps se gâter de la sorte. Mais comme souvent en montagne, la météo est difficilement prévisible et on a juste le temps de mettre les chaussures à l’abri sous la tente pour ne pas repartir les pieds mouillés le lendemain. L’orage a réveillé tout le camp et si ça calme rapidement après 30 minutes, difficile de repartir dans le sommeil. Finamement, tout le monde se lève et on fait de même en constatant les dégâts sur les maillots et les quelques affaires restées dehors à sécher. Opération rangement et dégorgement pour la tribu Highlander.

Avec 6,5 km au compteur, la troisième et dernière journée est une petite formalité. Peu de dénivelé et une pluie qui finira par se rappeler à notre bon souvenir, en arrosant les derniers arrivés. Pour certains, c’est l’aboutissement de trois jours exigeants sur les sentiers du Hajar. Pour tous, ce sera surtout un émerveillement devant les beautés des montagnes de ce massif émirati qui compte au total 94 kilomètres de sentiers de randonnée, soit le plus vaste réseau du pays. Sous la tente d’arrivée, on tamponne notre passeport pour la dernière fois. Les embrassades entre participants et les cris de joie fendent le silence des montagnes qui nous entourent. Un certificat est donné à toute personne ayant terminé l’épreuve dans les temps impartis. Certains en ont les larmes aux yeux. Ces prochains jours, les jambes seront lourdes pour les participants de cet Highlander UAE 2026 mais l’esprit sera rempli de souvenirs et de paysages fabuleux.

Quelles autres activités sportives faire à Ras Al Khaimah ?

Jais Flight :

Pour les amateurs de sensations fortes, le Jais Flight est la plus longue tyrolienne du monde avec 2,83 km. Elle est située sur ce même pic montagneux de Jebel Jais et s’élance à 1680 mètres au-dessus du Golfe Arabique pour une vitesse allant jusqu’à 150 km/h. Trois minutes de traversée au-dessus des ravins et des canyons.

Jais Sky Tour :

Là aussi on parle de tyrolienne. Le Jais Sky Tour propose un parcours de six tyroliennes allant de 337 mètres à plus d’un kilomètre pour une vitesse moyenne de 60 km/h. Au total, ces six tyroliennes permettent de parcourir près de 5 km dans les airs, au-dessus des montagnes Hajar. Il faut environ 2 heures pour réaliser le parcours dans son intégralité.

Bear Grylls Explorers Camp :

Le départ du Highlander était donné cette année au Bear Grylls Explorers Camp. Posé au milieu des montagnes du Hajar, ce camp permet d’acquérir les compétences essentielles, les techniques et les attitudes nécessaires pour survivre dans les montagnes et les terres désertiques.

VTT et vélo de route :

Si on évitera les sorties sportives en plein été avec une chaleur trop écrasante, l’hiver est donc propice à aller tâter des sentiers en VTT. Quelques rares parcours sont disponibles sur Strava et Komoot par exemple. Le vélo de route est plus populaire et pratiqué autour de la ville de Ras Al Khaimah (et de Dubaï).

 
 
 
 
 
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