Un skatepark de 400 m² réalisé en impression 3D béton installé à La Défense en juillet



Le spot sera construit par l’entreprise française Saint-Gobain et sera installé pendant toute la durée des JO de Paris avant d’être légué en héritage à une commune du 92. The Rider Post s’est rendu aux Pays-Bas pour découvrir cette technologie au sein des usines Weber, filiale de Saint-Gobain.

On le sait, Paris manque de spot pour la pratique du skate et il faut souvent s’éloigner dans la petite couronne pour trouver des zones réellement adaptées à la discipline. La communauté du skate peut donc se réjouir d’apprendre qu’un skatepark sera dévoilé le 18 juillet prochain à La Défense près du Bassin de Takis. Et le spot sera d’importance avec une superficie de 400 m² composée de 19 modules dont des bancs simples et inclinés, deux quarter-pipes, trois rails, un volcano, un double volcano… Esthétiquement, l’ensemble reprendra la forme d’un flipper géant comme l’explique l’entreprise Saint-Gobain qui s’est lancée dans la construction de ce spot et qui nous a ouvert les portes de l’une de ses usines aux Pays-Bas à Eindhoven.

© Saint-Gobain

L’occasion de découvrir l’originalité de ce skatepark qui sera entièrement construite en impression 3D béton par la société Weber, spécialisée dans les produits et systèmes pour revêtement de sol et filiale de Saint-Gobain. Car si on connait l’impression 3D pour des objets plus petits, le principe est le même ici avec le béton (voir vidéo ci-dessous). Weber s’est lancé dans cette technologie depuis le début des années 2000 et a réalisé son premier mur en impression 3D béton en 2005. En association avec l’Université de technologie d’Eindhoven, la société a continué à développer cette technologie pour en faire une nouvelle méthode de production dans le secteur de la construction comme le prouve l’ouverture de la première usine d’impression 3D de béton en Europe en 2019.

Posée dans la zone industrielle d’Eindhoven, un hangar accueille la machine haute de plusieurs mètres, permettant de réaliser ces impressions 3D en béton. Au plafond, de la brume est projetée pour éviter que la poussière n’envahisse toute la zone. Le bruit est présent mais reste soutenable et la machine enchaine les allers et retours sur un module qui prend forme progressivement. Car le skatepark sera bien un assemblage de plusieurs modules et ne sera évidemment pas fait d’un seul bloc. Sur le même principe, Weber a par exemple déjà créé il y a deux ans un pont de 29 mètres en impression 3D et désormais traversé par les piétons et cyclistes de la ville de Nimègue aux Pays-Bas. Des escaliers sont également construits de cette façon par l’entreprise. L’impression 3D en béton permet d’ailleurs de réduire le coût écologique de construction dans ce matériau. Selon Saint-Gobain, « un escalier conçu et imprimé selon cette méthode innovante émet 60% moins de CO2 qu’un escalier préfabriqué classique. La frugalité est aussi au rendez-vous avec un design qui évite les armatures en acier et propose des marches creuses, pour utiliser toujours moins de matériaux. En plus des économies en CO2, le processus complet représente un gain de temps: deux semaines seulement du design à la réception.« 

© Vincent Girard

« Chaque module met entre 1h et 2h pour être construit et pèse environ 750 kg » explique Jakub Pawlowicz, Operations Manager 3D chez Weber. « La solidité de ces modules est très élevée. On est autour de 60 MPA ». La MPA (ou Mégapascal) est la mesure de la résistance à la compression du béton. En comparaison, le béton des murs de fondation doit avoir une résistance à la compression d’au moins 15 MPA. Autant dire que les skateurs pourront limer de nombreuses années le spot et que seul le revêtement devrait subir le poids de l’âge et du passage des boards. « C’est une structure qui sera fiable sur les 10 ou 15 années qui suivront sans aucun soucis » ajoute Jakub Pawlowicz. »On a travaillé avec des skateurs qui l’ont déjà testée et l’ont validée. » Impression confirmée par les skateurs parisiens présents ce jour-là dans l’usine d’Eindhoven et invités par Saint-Gobain à venir rouler sur une petite rampe composée de deux Quarter Pipe alors qu’un curb lui aussi imprimé en 3D est posé juste à côté.

© Vincent Girard

Pour la conception du skatepark de La Défense, l’entreprise s’est associée à Playgones, société française spécialisée dans la distribution et l’installation d’équipements et de mobiliers urbain pour l’aménagement des espaces ludiques et sportifs. Quant au designer Paul Bas, il a été en charge de la conception 3D des modules alors que le handballeur Luc Abalo (qui appartient à la team d’athlètes soutenus par Saint-Gobain) sera chargé de réaliser une fresque sur les murs entourant le skatepark. Le triple champion olympique et retraité depuis peu est en effet un artiste accompli impliqué dans la peinture, le dessin et la photographie. Enfin l’association Pratikable (qui vise à développer la pratique parasportive de glisse) a également été consultée pour rendre le skatepark accessible aux fauteuils PMR dédiés alors que Vincent Matheron (autre sportif soutenu par Saint-Gobain) sera présent lors de l’inauguration du skatepark en juillet prochain.

© Vincent Girard

Supporteur officiel des JO de Paris 2024, Saint-Gobain n’a évidemment pas choisi cette période par hasard pour installer cette nouvelle structure à La Défense. Sur place, le début des travaux (plus précisément l’assemblage entre les modules) interviendra le 9 juillet et l’inauguration du skatepark est prévue le 18 juillet, moins de dix jours avant l’ouverture des Jeux Olympiques. Pour le grand public, le spot pourra être roulé dès le 19 juillet et jusqu’au 11 août 2024. Il sera ouvert tous les jours de 10h à 18h, mais ces horaires sont susceptibles d’être élargies comme nous l’a confirmé Saint-Gobain. Puis, le skatepark sera démonté et transmis en héritage en fin d’année à une commune des Hauts-de-Seine (l’entreprise n’a pas encore dévoilé la ville qui accueillera définitivement la structure).

© Saint-Gobain

Regardez le reportage de l’émission Riding Zone (produite par Puzzle Media) sur Andy Anderson, l’OVNI du skateboard.