Matthias Dandois : « Ce sera mon dernier FISE Montpellier alors la date est cochée »

BMX


À l’occasion de la dernière édition des Swatch Nines, on a pu s’asseoir quelques minutes avec Matthias Dandois. L’occasion pour le nonuple champion du monde de Flat d’évoquer son actu et sa préparation pour son dernier FISE Montpellier.

À quelques jours du début de sa saison de BMX, Matthias a pris le temps de venir en montagne pour faire quelques figures à 3000m d’altitude. Dans cet environnement unique du Swatch Nines, il nous a accordé quelques instants pour partager ses réflexions sur ses dernières actualités et sa préparation pour démarrer cette dixième saison, avec une volonté de décrocher le titre de champion du monde une dernière fois cette année. 

Matthias, que fais-tu là, perdu au milieu des montagnes ? 

On est à Schilthorn aujourd’hui pour les Swatch Nines, qui est un des plus gros événements de création de contenu du monde. Comme d’habitude, ils ont construit un set-up de maboule, en haut de la montagne, dans une des stations les plus hautes d’Europe et j’ai été invité parmi les plus grands riders de ski et snowboard. Ils m’ont mis une plateforme tout en haut de la montagne, au départ du park, pour faire des images uniques en mixant ski et snowboard avec le BMX Flat. 

Ce n’est pas la première fois que tu viens, le set-up est-il différent cette année ? 

Non, j’étais déjà présent l’année dernière. Ils avaient installé un gros bowl au milieu des modules en neige, et même si j’ai pu le rider je n’ai pas pu m’exprimer à 100% parce que c’est moins ma spécialité. Mais cette année, c’est une plateforme de Flat qui a été installée, j’ai pu faire pleins de belles images et je suis trop content. 

Tu es content d’être présent en outsider sur ce type d’événement ? 

J’adore venir aux Swatch Nines, parce que les skieurs et les snowboardeurs, on ne les voit jamais ! Quand tu es en BMX, tu croises plus souvent les skateurs ou les gars du VTT. C’est quand même une communauté qui se rapproche beaucoup dans l’esprit et la culture et c’est le seul événement où on a l’occasion de se rencontrer. Du coup, l’ambiance est toujours top, parce que c’est un peu les retrouvailles de potes qui n’ont l’occasion de se voir qu’une fois par an, donc à chaque fois on y va à fond. 

Les tricks et les performances sportives t’ont-ils impressionné cette année ? 

J’ai rarement l’occasion de voir du ski et du snow freestyle, et c’est vrai qu’à chaque fois, je prends une vraie claque. Les hauteurs qu’ils prennent, les risques qu’ils prennent et la qualité des images qu’ils arrivent à sortir, c’est impressionnant. Et ça permet de faire du crossover entre du BMX et des sports d’hiver, et c’est super cool de pouvoir mixer tout ça. 

Photo : Markus Berger / Red Bull Content Pool

Et toi, quelles sont tes actualités du moment ? 

C’est marrant parce qu’ici on voit tous les riders qui sont en train de clôturer leur saison d’hiver, alors que moi je suis en pré-saison. Les Swatch Nines, ça me permet de me faire un petit stage d’oxygénation en haute montagne au passage. Le gros passage de l’année pour moi, forcément, c’est l’arrivée des Jeux Olympiques. Le BMX Flat est un sport de démonstration, il y aura même une petite compétition de Flat sur le park urbain sous la concorde, le 30 et le 31 juillet donc ça c’est une super nouvelle. C’est un test qu’on fait sur ce format, pour voir si potentiellement il peut être intégrer pour les Jeux de 2028 à Los Angeles. 

Et niveau compétitions avec des médailles, il y a le FISE à Montpellier qui arrive. Ça c’est une grosse date pour moi, parce que ça sera mon dernier FISE en tant que compétiteur. Et pour finir l’année, il y aura aussi les championnats du Monde à Abu Dhabi, qui vont être aussi mes derniers et mon ultime chance de renouveler mon titre. 

Et au niveau de la FISE Farm, on en est où ?

On a encore pleins de beaux projets avec la FISE Farm, en Champagne, dont la construction s’achève en septembre cette année. On reçoit le nouveaux BMX park en juin juste avant les Jeux et après on va avoir pleins d’infrastructures sportives qui vont arriver tout au long de l’été : on va avoir trois courts de paddel, on a un dojo pour faire du MMA et du yoga et on va avoir des logements et un restaurant sur place. Ça va être le sport parfait pour que tout le monde puisse venir s’entraîner, ça va être fou. 

Le mélange BMX et snowpark, c’est hyper original ! D’après toi, que ressort-il de positif de ce mélange insolite ? 

C’est génial parce que comme on est actuellement dans une période de transition entre les sports de montagne et les sports d’été, je trouve que c’est trop cool qu’il y ait cet événement à ce moment-là, c’est un peu une passation de pouvoir entre les riders. Et puis c’est intéressant de mixer les sports, ça fait du contenu incroyable à partager sur Internet. Et souvent, on produit ici des vidéos qui font des millions de vues, donc c’est toujours une belle opportunité.

© Swatch Nines / HenriekeIbing

Ce genre d’événement qui s’illustre autrement que par la compétition, ici c’est plutôt par la création de belles images, ça pousse à la créativité selon toi ?

Oui, carrément ! Moi, j’ai toujours dit que la créativité, ça se bosse en voyant d’autres gens faire des choses incroyables. Et c’est vrai qu’à chaque fois les Swatch Nines, pour moi c’est un moment très inspirant. Je regarde les lignes que les riders prennent sur les modules, créer des tricks en fonction de la hauteur qu’ils arrivent à prendre. C’est toujours un weekend inspirant de venir ici. 

Penses-tu également apporter de ton côté de l’inspiration aux skieurs et snowboardeurs avec les démos de Flat que tu fais ? 

J’espère, il faudra leur demander. Mais je le pense parce qu’à chaque fois qu’on a des discussions, on se renseigne beaucoup sur la façon dont les autres pratiquent leur sport et on apprend beaucoup des athlètes sur un événement créatif comme ça. Et puis finalement, on est tous des sports d’actions, on se rassemble tous dans la culture et la pratique, c’est ça le plus important. 

Parmi l’énorme line up de cette année, y’a-t-il une personne qui t’inspire particulièrement cette année ? 

Sur des modules aussi gros et aussi dangereux, je trouve ça incroyable que les femmes continuent à repousser les limites encore plus à chaque fois. Il y a le record du monde en snowboard en hauteur qui a été battu, je trouve ça fou. Et même, je trouve que cette évolution elle est partout, aussi en vélo, en skate, en surf, partout … Le niveau féminin est de plus en plus comparable au très haut niveau masculin et je trouve ça super cool. 

Photo : Andy Parant / Red Bull Content Pool

Tu viens souvent faire du contenu en montagne, pourquoi ? As-tu un lien particulier avec la montagne ? 

Il y a un truc que je trouve magique avec la montagne, c’est qu’il y a un contraste qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Le blanc de la neige qui contraste avec le ciel bleu, combiné avec l’une des plus belles lumières au monde, ça permet de faire de super belles images. Et puis ça me permet aussi de toujours faire des images décalées, parce que ce n’est pas un endroit où on m’attend. 

Vas-tu continuer à faire des projets créatifs comme celui-ci plus tard ? 

Clairement, c’est l’idée. J’arrête un petit peu les compétitions officielles en gardant en tête mes projets d’images, pour avoir plus de temps à consacrer à ma créativité. 

Photo : Nicolas Jacquemin / Red Bull Content Pool

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