Vidéo : Le solo intégral vertigineux de Benjamin Védrines sur l’Aiguille de la Dibona



C’est par la voie Madier que Benjamin Védrines a gravi l’Aiguille de la Dibona en solo intégral. Ce film retrace son exploit.

Spécialiste des records de vitesse d’ascension, l’alpiniste Benjamin Védrines a réalisé un nouvel exploit cet été en gravissant en solo intégral l’Aiguille de la Dibona (à 3131 mètres d’altitude) en 1h24 depuis le parking des Étages. Située dans le massif des Ecrins, ce sommet avait été conquis en 1937 par Andeol Madier et Maurice Fourastier par la face sud directe. C’est justement par la voie Madier (350 m, 6a+ max), que Benjamin Védrines a voulu réaliser l’ascension de cette montagne magnifique en solo intégral.

« Quand j’avais grimpé la face sud Directe de la Dibona avec Anne il y a quelques années, j’étais tombé sous le charme de cette ligne ouverte en 1937 par Andeol Madier et Maurice Fourastier » explique l’alpiniste français. « Esthétique, grimpante, logique, il n’en fallait pas moins pour que dans ma tête germe l’idée d’un jour la gravir en solo intégral express. Régulièrement les images se construisaient dans mon imaginaire et je me voyais, dans cette face emblématique des Écrins, avec rien d’autre que mon sac à magnésie, pendu sur ce rocher orangé, ce granit parfait aux effluves de lichen. Ce jeudi 27 juillet j’ai enfin pu goûter à cette liberté totale, à cette trans de souffrance, en passant du sentier au rocher. Car je ne voulais pas que grimper, je voulais aussi courir. Je suis alors parti des Étages, le hameau au pied de la montagne. La veille, nous avons repéré la ligne avec mon fidèle ami Pierro. Les souvenirs revenaient. »

« Puis nous avons dormi au refuge car j’avais besoin de vivre ces moments-là, le soir, dans ces lieux si attachants. Les collègues guides, les gardiens, les discussions. J’aime cette ambiance. Le jeudi matin, je suis descendu en parapente puis, peu avant 9h, j’ai actionné ma montre ! Je me sentais bien, mais il fallait que je gère mon effort afin de garder de la lucidité pour les 350m d’escalade en 6a+ max. Après une courte transition j’ai démarré l’ascension, éprouvé par cette montée. Mais j’étais déterminé à rester le plus prudent possible. Chaque pas fut millimétré, chaque prise choisie minutieusement. Après 25min, j’étais au sommet. Seul, allégé de ce poids qu’exige ce genre de défi où l’effort et la mort se côtoient. Mais dans ces intenses moments où je m’exprime dans mon élément, à ma façon, je ressens un puissant sentiment de liberté, la force d’une vie exaltée par le vide, enivré par le mouvement et la beauté des lieux. »

Découvrez le reportage de l’émission Riding Zone (produite par Puzzle Media) sur Alain Robert, maître du solo intégral.